Documenter et réfléchir

 

17440496_10212258568443395_723458713_nDans le cadre du Festival de films ethnographiques de Québec, Golnaz Hourmazdi a présenté le 24 mars dernier son premier court-métrage Long live the revolutionaries. La réalisatrice met en scène sa propre mère, actrice de la révolution iranienne de 1979. Ce film présente le «quotidien du révolutionnaire après la révolution», résume Golnaz Hourmazdi.

Le court-métrage de Golnaz Hourmazdi, anthropologue de formation, est son projet de fin de maîtrise : « Au lieu d’écrire une thèse, ils ont accepté que je produise un documentaire », raconte la jeune femme. Cette forme est d’ailleurs appropriée puisque la réalisatrice se spécialise en anthropologie visuelle.

Pour la chercheuse, la caméra a des avantages certains dans le domaine de l’anthropologie : « Quand tu arrives avec un calepin de note, les gens ne savent pas ce que tu écris, ils peuvent être méfiants », commente Golnaz Hourmazdi.

La production de l’anthropologue se distingue des documentaires réalisés par des cinéastes : « les réalisateurs [traditionnels] pensent au produit fini, aux spectateurs ; alors que l’anthropologue s’occupe de ceux qui sont devant lui en ce moment. L’important c’est de capturer ce qui se passe devant moi», affirme l’anthropologue.

Ainsi, les deux protagonistes principales du court-métrage ne sont pas des actrices. Il s’agit de la mère de Golnaz Hourmazdi et Fariba, une amie de la mère. Les deux femmes iraniennes ne se sont pas vues depuis une vingtaine d’années alors que la réalisatrice capture  avec sa caméra leurs authentiques retrouvailles.

La version originale de ce film de 53 minutes est partagée entre l’allemand et le farsi. Les protagonistes principales se parlent dans la langue farsi, alors que les deux aides de la réalisatrice ne parlent que l’allemand. Ce contexte fait en sorte que la petite équipe ne comprenait pas le contenu sonore qu’elle collectait (exception faite de Golnaz Hourmazdi). Heureusement, des sous-titres anglais ont été ajoutés dans la version présentée.

La réflexion après l’action

Fariba et madame Hourmazdi ne vivent plus en Iran. La réalisatrice et sa mère vivent en Allemagne tandis que Fariba vit en Suède. Les anecdotes des deux dames grisonnantes contrastent avec le quotidien paisible des images capturées. C’est d’ailleurs un des buts de la réalisatrice, d’illustrer le « contraste entre la réflexion et l’action ».

Les deux amies font une rétrospection sur leurs années révolutionnaires en ravivant quelques souvenirs. Elles posent un regard distant sur leurs actions passées et leurs pensées de l’époque.

film

Extrait (traduction libre) : « Je ne savais pas grand-chose à propos de la liberté ou de la démocratie. Mais je connaissais une chose douloureuse : la pauvreté »

Long live the revolutionaries a reçu un accueil favorable du public. En effet, le premier court-métrage de Golnaz Hourmazdi continue d’être présenté dans des festivals de films à travers le monde.

 

Auteur : LettresCetera

www.lettrescetera.wordpress.com

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